Quand les produits chimiques transforment les garçons en filles

Ce n’est pas une nouveauté.
Chaque jour, nous sommes toutes et tous exposés à une quantité incroyable de produits chimiques dont certains sont désormais reconnus pour leur dangerosité.
Le plus grave, alors que certains scientifiques et associations tentent depuis plusieurs années d’alerter les autorités sur ce sujet, c’est qu’il ne s’agit plus désormais que de nous, mais aussi de nos enfants, directement touchés par certaines substances désormais identifiées comme étant des perturbateurs endocriniens.
C’est un rapport de 326 pages, publié par l’agence de protection de l’environnement danoise, qui donne l’alerte. Selon ce rapport, le sperme des hommes serait affecté, entraînant d’importants troubles de la fertilité.
Les hommes d’aujourd’hui sont moins fertiles que leurs pères, produisant ainsi jusqu’à un tiers de spermatozoïdes en moins.
Le gouvernement danois s’est également penché sur la féminisation des enfants, une conséquence directe des perturbateurs endocriniens auxquels sont exposés à la fois les jeunes enfants et les futures mères.
Ainsi, quelques expositions à des substances incriminées pourraient suffire à augmenter significativement le facteur de risque, un problème d’autant plus grave que, comme le précise le WWF, « il y a peu de chose, si pas aucune, que les individus puissent faire pour éviter leur contamination et celle de leur famille ». Parmi les molécules incriminées on retrouve les dioxines, le PVC, les retardateurs de flamme ou encore les phtalates.
Et la contamination commence bien avant la venue au monde : une étude menée auprès nouvelles mamans britanniques a montré que toutes avaient hébergé dans leur cordon ombilical des substances considérées comme toxiques.
Résultat, le nombre de filles augmente étrangement (le rapport estime qu’au Japon et aux États-Unis pas moins de 250 000 bébés nés filles auraient dû être des garçons si la nature avait pu suivre son cours normal) et les petits garçons sont de plus en plus nombreux à souffrir de malformations génitales.
Que faire contre cela ? Une réglementation existe, mais elle semble aujourd’hui largement insuffisante. Le gouvernement danois ambitionne ainsi de faire pression sur l’Union Européenne pour que de nouvelles règles bien plus strictes soient mises en place.

Si le sujet vous intéresse, voici de quoi aller plus loin :

  • Arte diffusait l’an dernier un reportage intitulé « Mâles en péril » et consacré à l’effet des produits chimiques sur notre système endocrinien. Pour le voir, rendez-vous sur l’espace VOD de la chaîne (2,99 euros pour une location de 24h, 6,99 euros pour un achat).
  • Sur le site Vigitox, du nom de la campagne menée par Greenpeace contre ces substances qui nous empoisonnent, regorge d’informations sur le sujet et propose notamment un guide des cosmétiques et des produits high-tech acceptables.
  • Je vous recommande également chaudement la lecture de l’excellent magazine Terra Eco, qui propose ce mois-ci un dossier consacré à la pollution intérieure et à ces molécules chimiques contenues dans tous ces objets que nous utilisons quotidiennement. Effrayant.
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