Les maisons closes d’hier et d’aujourd’hui

Lupanar, bordel, hôtel de passe, boxon, les termes décrivant les maisons closes ne manquent pas, preuve de leur importance dans notre société. Remontant aux temps anciens de la Grèce antique, elles sont nées dans les ports d’Athènes pour satisfaire aux besoins des marins. Sujet important, souvent oublié des débats publics, nous allons traiter dans cet article des maisons closes du passé et d’aujourd’hui.

Origines des maisons closes

Les origines des maisons closes remontent à l’Antiquité. Contrairement à la croyance populaire, les prostituées de ces premières maisons closes étaient des esclaves sexuelles et non des femmes libres faisant ouvrage de leur corps. En France, c’est l’abrogation d’une loi contre la prostitution promulguée par Louis XI qui permit aux premières maisons closes de s’établir légalement. La période la plus propice au développement de ces lieux de plaisir est très certainement la 3ème République. Mais en 1946, elles furent fermées par application de la loi Richard, du nom de Marthe Richard. Surnommée la « Veuve qui clôt, » elle est considérée comme une figure (opaque diront certains) de la résistance qui a oeuvré pendant les deux guerres mondiales.

Maisons closes de nos jours

Des maisons closes existent-elles encore aujourd’hui ? Sept pays en Europe ont réglementé la prostitution en tant qu’activité commerciale (l’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, la Hongrie, les Pays-Bas, la Suisse et la Turquie).
Interdites en France, elles ont été réouvertes en Suisse dans les années 90. Et grosso modo, ces salons érotiques proposent à leurs  clients les mêmes services que les maisons closes du passé… Mais, point de mère Maquerelle… car les prostituées en Suisse sont des travailleuses indépendantes ayant un statut de profession libérale. Chaque salon a ses spécificités. Allant un simple massage aux jeux sado-masochistes, toutes les pratiques sexuelles sont proposées à l’exception de celles interdites par le code pénal Suisse. Bien entendu, comme dans tout établissement commercial qui se respecte, la liste des prestations du salon est mise à la disposition du client avant consommation afin qu’il soit parfaitement informé du prix que lui coûteront les pratiques sexuelles qu’il aura choisi de mettre en oeuvre (du simple baiser au rapport sexuel en passant par la double pénétration, tout a un prix).
Face à l’exemple helvète, on peut se demander quel était l’intérêt réel de fermer ces établissements en France plutôt que d’aménager leur fonctionnement. Loin d’être parfaite sur le fond, la légalisation de la prostitution en Suisse a au moins le mérite d’apporter protection sociale et environnement propre aux prostituées. En effet, pourquoi laisser s’installer les conditions de travail déplorables que l’on connaît en France ? Valse des clients dans des fourgons stationnés le long du bois de Boulogne, travailleuses du sexe à la solde de maquereaux peu scrupuleux, hygiène parfois douteuse…
Il ne semble pas que face à ces problèmes, la pénalisation des clients soit une réponse adaptée aux besoins de cette catégorie socio-professionnelle. Une fois de plus, un pas en avant est pour aller vers plus de stigmatisation du sexe et de la liberté de chacun. Mais dans un pays où notre corps ne nous appartient pas (une obscure loi sur la bioéthique indique que les citoyens ne sont pas propriétaires de leurs corps…), rien n’est moins étonnant.
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