La prostitution et la loi : où en est-on en Europe ?

La prostitution est une activité consistant pour une personne, dénommée la ou le prostitué(e), à proposer ses services sexuels à une autre personne, le client, contre une somme d’argent prédéfinie. Bien que pouvant être pratiquée par les deux sexes, cette activité est principalement exercée par les femmes et consommée par les hommes.
Sur le plan politique, la prostitution est unanimement considérée par les États comme un problème qu’il convient de traiter en adoptant une position législative adaptée.
Dans le monde, trois approches politiques sont actuellement en application pour traiter le problème de la prostitution :
l’approche réglementariste qui prône que la prostitution est une activité commerciale comme une autre qu’il convient de réglementer, de réguler et d’encadrer en protégeant les droits de ses travailleurs et en prévenant notamment les abus de leurs employeurs. Les prostitué(e)s y sont considérés comme des travailleurs du sexe et doivent être enregistrés auprès des autorités en tant que tels. Sept pays en Europe ont réglementé la prostitution en tant qu’activité commerciale (en vert sur la carte) : l’Allemagne, l’Autriche, la Grèce, la Hongrie, les Pays-Bas, la Suisse et la Turquie. C’est l’Allemagne et les Pays-Bas qui ont les réglementations les plus abouties.
l’approche prohibitionniste qui prône que la prostitution est une forme d’exploitation humaine et une atteinte à la dignité des personnes qu’il convient d’abolir. Les  prostitué(e)s y sont considérées comme des victimes non-punissables, les proxénètes comme des criminels et les clients parfois comme des corrupteurs. Dans seize pays européens (en bleu sur la carte), la prostitution est légale mais les activités organisées y sont illégales (maisons closes et proxénétisme). Il s’agit de l’Arménie, de la Belgique, de la Bulgarie, du Danemark, de l’Espagne, de l’Estonie, de la Finlande, de la France, de l’Italie, de l’Irlande, de la Lettonie, de la Pologne, du  Portugal, du Royaume Uni, de la Slovaquie et de la Tchéquie. Dans trois pays européens (l’Islande, la Norvège et la Suède), la prostitution est illégale et ce sont les clients qui sont punissables et non les prostitué(e)s.
l’approche abolitionniste qui prône que la prostitution est une activité criminelle qui doit être sévèrement réprimée. Les prostituées et les proxénètes y sont considérés comme des criminels et y sont traités comme tels. Il n’y a aucun État européen qui soit abolitionniste.
Selon Sabine Dusch dans « Le trafic d’êtres humains » paru en 2002 , la prostitution engendrerait un chiffre d’affaires mondial de 60 milliards d’euros dont 5 à 7% profiteraient aux organisations criminelles (sources 1998, ONU).

facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail