La masturbation est-elle encore un sujet tabou ?

Dans le Dictionnaire de médecine et de thérapeutique médicale et chirurgicale rédigé en 1877 par des médecins honorés et reconnus, la masturbation était définie ainsi :
« Masturbation : L’excitation des organes génitaux par le frottement de la main constitue la masturbation ou l’onanisme. Les garçons et les filles se livrent également à la masturbation, soit par corruption morale et par goût prématuré de la débauche, soit par une sorte d’habitude instinctive contractée dans le berceau à un âge où il est impossible d’admettre l’existence de la dépravation.
Chez les petits enfants à la mamelle et dans la première enfance, la masturbation est plutôt une mauvaise habitude qu’un vice du cœur, et elle produit la fièvre, l’amaigrissement, le marasme et la mort par consomption tuberculeuse. Dans la seconde enfance et chez l’adolescent, la masturbation est un vice moral qui a les plus déplorables effets sur la santé, car il ébranle les systèmes musculaire et nerveux, il affaiblit l’intelligence et les sens, il altère les fonctions organiques et morales, et il conduit lentement à l’hébétude, à la tristesse, à la paralysie, à la phtisie tuberculeuse pulmonaire et à une consomption mortelle.
Chez l’homme, la masturbation est très souvent l’origine d’une dyspepsie hypochondriaque ou d’une folie dont la cause reste toujours inconnue au médecin. »
De nos jours, le corps médical est unanime pour affirmer que la masturbation est une pratique sexuelle normale et qu’elle peut même être bonne pour la santé (voilà du nouveau qui contredit toutes les inepties qui ont été racontées aux générations précédentes).
En effet, certaines études scientifiques sérieuses tendraient à démontrer que sa pratique régulière permettrait de réduire l’apparition du cancer de la prostate, chez les hommes, et des infections du col de l’utérus, chez les femmes.
Alors aujourd’hui, comment les hommes et les femmes réagissent-ils lorsqu’ils sont interrogés sur cette pratique sexuelle ? Répondent-ils franchement ou se cachent-ils encore ?
Eh bien, il semble que l’atmosphère se soit quelque peu détendue et que finalement les tabous commencent à se dissiper. Allez, la preuve en chiffres :
Sur la répartition homme/femme :

  • Chez les célibataires : 95% des hommes admettent se masturber contre 89% des femmes.
  • En couple, le pourcentage passe à 70% pour les hommes comme pour les femmes.

Sur la fréquence :

  • 40% des hommes et 22% des femmes admettent se masturber tous les jours ;
  • 55% des hommes et 48% des femmes se masturbent au moins une fois par semaine ;

Sur l’usage de sextoys :

  • 53% des femmes disent utiliser un vibromasseur quand elles se masturbent ;
  • 17% des hommes disent y avoir recours aussi lors de leur plaisir solitaire ;

Sur des informations diverses :

  • 41% personnes ont déjà été surpris en train de se masturber ;
  • 30% des suicides chez les hommes entre 12 et 20 ans sont attribués à une asphyxie auto-érotique ;
  • 4 femmes sur 10 préfèrent la masturbation au sexe.
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