La justice tunisienne confirme sa volonté d’interdire l’accès aux sites pornographiques de ses ressortissants

Comme chacun sait, internet a joué un très grand rôle dans le dénouement de la révolution menée par les Tunisiens au printemps dernier. Leurs habitudes de recherches d’informations s’en sont trouvées profondément bouleversées. Et, par voie de conséquence, la levée de la censure et l’augmentation du trafic sur internet ont notablement modifié le classement des 100 premiers sites les plus visités de leur pays.
Les requêtes relatives au sexe étant très nombreuses, ici comme partout ailleurs, ce ne sont pas moins de 7 sites pornographiques, jusqu’alors inconnus au bataillon, que les Tunisiens ont pu découvrir sur leur toile, 5 d’entre eux figurant parmi les 50 premiers.
Prétextant que ces sites représentaient un danger pour leur jeunesse et étaient en contradiction avec les valeurs musulmanes, 3 avocats se sont indignés de cette visibilité nouvelle et ont décidé de déposer une plainte afin de faire interdire leur accès sur le territoire.
Eh bien, en mai, le tribunal de Tunis leur donne raison et ordonne à l’ATI (Agence Tunisienne de l’Internet) de bloquer l’accès à tous les sites à caractère pornographique.
Arguant d’un manque de moyens financiers et techniques pour appliquer ce jugement, l’ATI fait alors appel « Je ne vais plus filtrer et je refuse d’avoir du matériel de filtrage chez moi, » déclare, Moez Chakchouk, son dirigeant. Et, se justifiant auprès des journalistes de Libération qui l’interrogent : « Ce n’est pas à l’ATI de censurer. C’est aux fournisseurs d’accès de proposer des solutions à leurs clients, de mettre en œuvre des techniques de contrôle parental et de filtrage. »
Cependant, la décision de la cour d’appel est tombée mardi et confirme la décision prise par la justice en première instance. L’ATI devra donc obtempérer et censurer tous les sites pornographiques à l’entrée du pays.
Mais, bien qu’ayant été l’ancien bras armé de la censure sous Ben Ali, l’ATI en est désormais affranchie. Et, l’agence n’entend pas en rester là car elle vient de décider de se pourvoir en cassation.
Affaire à suivre donc…

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